18 janvier 2018

[Sr. Maria Immaculata, Soeurs Consolatrices du Sacré-Cœur de Jésus - FSSPX News] Nouvelles des Sœurs consolatrices du Sacré-Cœur en Inde

SOURCE - Sr. Maria Immaculata, Supérieure locale des Soeurs Consolatrices du Sacré-Cœur de Jésus - FSSPX News - 14 janvier 2018

Chers amis dans le Christ,

Cette année, la retraite annuelle des Sœurs consolatrices a été prêchée par l’abbé James Peek, du séminaire Saint-Thomas d'Aquin de Dillwyn aux Etats-Unis, qui a porté sur le thème : "Les paraboles de Notre-Seigneur".

Pendant cinq beaux jours, le Père a déterré les trésors cachés derrière ces paraboles. Cela aida énormément nos sœurs à mieux connaître le Cœur de notre Sauveur et donc à l'aimer davantage. Nous sommes vraiment reconnaissantes envers le Père de nous avoir transmis la "connaissance suréminente du Christ" !

Une autre année scolaire s'est terminée et une nouvelle a commencé. Les filles ont eu des vacances d'été entre Pâques et la première semaine de juin. Certaines des filles rentrent chez elles pour les vacances et d'autres restent ici. Certaines partent pour la totalité des vacances et d'autres pour une semaine ou deux. Avant de les envoyer à la maison, 26 d’entre elles ont suivi une retraite de saint Ignace, prêchée par l’abbé Therasian. C'était une retraite très bonne et aussi très utile car la plupart d'entre elles vont dans le monde où beaucoup de tentations les attendent pendant les vacances.

Egalement à Pâques, l'un de nos ouvriers est devenu catholique après avoir abjuré les erreurs du protestantisme.

En avril dernier, nous avons reçu trois nouveaux enfants : Manjula, Fathima et son petit frère Marcel, qui n'a que 3 ans et demi.

Manjula n'a pas de maman et le papa est ivrogne et n'a pas de maison. Ils vivaient sur le bord de la route, d'où l'on envoyait Manjula mendier. Elle a été retrouvée en train de mendier dans la gare, et a été envoyée ici. Elle a 9 ans et n'est jamais allée à l'école.

Fathima et Marcel n'ont pas de mère non plus, et le papa les laissait à la maison sans surveillance tandis qu'il partait travailler. Les responsables de « Child Line » (SOS Enfants) les ont amenés ici pour nous demander de nous occuper d'eux temporairement. Marcel aime s'accrocher au bras de l’abbé Hattrup. Dès qu'il le voit, il court vers lui et lui demande de le soulever en lui tenant les mains.

En la fête de la Pentecôte, deux de nos sœurs, Sr Maria Celina et Sr Maria Theresa, ont renouvelé leurs vœux pour 3 ans.

Merci de votre soutien indéfectible. Après le début de l'année agitée, nous nous sommes un peu installées. L'année scolaire commence en juin ici et, à la fin du mois de septembre, après les examens du premier trimestre, les enfants ont dix jours de vacances. La plupart des filles sont rentrées chez elles, mais environ 20 à 25 sont restées ici. Nous les avons donc emmenées faire des excursions d'une journée au centre scientifique et à la mer.

Le beau jour de la fête de l'Assomption, Gloria a reçu le baptême pour lequel elle se préparait depuis longtemps. Malheureusement sa mère est morte en juin. Que Notre-Dame veille sur elle, du haut du Ciel.

Merci pour votre fidèle soutien. S'il vous plaît continuez à prier pour nous et pour les enfants.

En Jésus et Marie,

Sr. Maria Immaculata, Supérieure locale des Soeurs Consolatrices du Sacré-Cœur de Jésus

[Abbé Francesco Ricossa - Institut Mater Boni Consilii] "Le Prêtre participe au Sacerdoce du Christ..." (éditorial)

SOURCE - Abbé Francesco Ricossa - Institut Mater Boni Consilii - éditorial du calendrier 2018 - janvier 2018

Tu es sacerdos in æternum… Le Prêtre participe au Sacerdoce du Christ, lequel demeure dans l'éternité. Si notre sacerdoce demeure aussi dans l'éternité, les pontifes et les prêtres passent eux aussi de ce monde à la Vie éternelle. Le temps sur cette terre passe, et peu à peu s'éteint donc cette première génération de prêtres qui ont connu l'Église en état d'ordre, avec toute sa beauté, et qui par la suite ont vécu douloureusement les terribles années de la crise conciliaire, en choisissant courageusement de rester fdèles au Saint Sacrifce de la Messe qui était banni et interdit dans toutes les églises du monde chrétien. Combien tristes, mais en même temps doux, sont les souvenirs de ces prêtres qui nous ont précédés (et certains, grâce à Dieu, nous accompagnent encore : ad multos annos!) et grâce à la Foi, le Sacrifce, les Sacrements, sont restés vivants parmi nous. Cette année, notre Institut commémore les trente ans (déjà !) de la mort d'un d'eux, Mgr Michel-Louis Guérard des Lauriers, évêque catholique et religieux dominicain. Qu'il me soit permis de partager avec vous un souvenir personnel.Je l'avais connu au séminaire d'Écône, ou il enseignait, le 8 décembre 1974 ; mais quand ensuite, j'entrais à mon tour dans ce séminaire, en octobre 1977, le Père Guérard, qui avait prêché la retraite de rentrée, venait d'être éloigné - pour toujours - d'Écône. Dès lors, dans le séminaire fondé par Mgr Lefebvre, on parlait avec crainte (crainte d'être exclus du séminaire, crainte de ne pouvoir recevoir l'ordination sacerdotale) des “guérardiens” et des “barbaristes”, les terribles “sédévacantistes” qui suivaient les thèses du Père Guérard des Lauriers pour les uns, du Père Barbara pour les autres… Les contradictions sans solution amenèrent quatre jeunes prêtres italiens à quitter la Fraternité Saint- Pie X et à fonder, à Turin, l'Institut Mater Boni Consilii : c'était le 18 décembre 1985. Nous savions que l'explication de la crise ouverte par Vatican II qui nous était donnée par la Fraternité, et à laquelle nous avions cru jusqu'alors, ne résistait pas à l'épreuve des faits et ne pouvait se concilier avec la doctrine de la Foi ; mais quelle autre explication trouver ? Cela, en effet, n'était absolument pas clair. J'ai déjà eu l'occasion de le dire à plusieurs reprises : notre Institut est né à Turin en décembre 1985, mais ce n'est que le 24 septembre 1986, à Raveau, qu'il a trouvé sa véritable voie. Deux d'entre nous, au nom de tous les autres, se rendirent en effet à Raveau, près de Nevers, où vivait Mgr Guérard des Lauriers. Nous partîmes le 22 septembre, pour arriver à Raveau le 24, fête de Notre-Dame de la Merci. Là, je célébrai la Messe, et non sans étonnement et pour ma plus grande émotion, c'est Mgr Guérard lui-même qui me servit la Messe. Nous repartîmes le lendemain pour Chémére-le-Roi, où se trouvait le Père de Blignières, qui avait quitté le Père Guérard à cause de sa consécration épiscopale. Le 29 septembre (après un séjour à Paris) nous retournâmes à Raveau : Mgr Guérard ne croyait pas qu'il nous aurait revus, et ce fut avec une grande joie qu'il nous bénit le lendemain lorsque nous repartions pour Nichelino. La voie était prise, et cette voie l'Institut ne l'a plus jamais quittée.

“Si quelqu'un veut venir à ma suite, qu'il se renonce à lui-même, qu'il prenne sa croix et qu'il me suive”. Telle est la condition pour être de vrais disciples de Jésus-Christ, qui nous porte - à Son image - au sacrifce par amour. En reprenant la vie du Père Guérard des Lauriers, les moments saillants de son existence terrestre, nous voyons comment il sut être le vrai disciple de Jésus- Christ en renonçant à lui-même et en potant la croix à la suite du Maître. La première fois, à Rome, en 1926, en répondant à l'appel de la Vérité, qui appelait le jeune Michel à quitter le monde, sa chère famille, la perspective d'une brillante carrière scientifque, pour embrasser la vie religieuse comme fls de Saint Dominique. L'étudiant de vingt ans de l'École Normale Supérieure quittait tout pour devenir un humble et pauvre novice. La seconde fois, le Père Guérard embrassa la croix pour la défense du Sacrifce de la Messe : il rédigea, en 1969, le Bref Examen Critique du Novus Ordo Missæ qui lui valut l'année suivante - avec le Recteur Mgr Piolanti et d'autres enseignants - d'êter écarté de la chaire romaine de l'Université Pontifcale du Latran. Lui qui, quelques années auparavant, avait été l'un des théologiens qui soutinrent le Pape Pie XII (dont nous commémorerons aussi en 2018 les 60 ans de la mort) dans son intention de compléter les dogmes marials par la défnition de la Médiation et de la Co-Rédemption de Marie. Il ne pensa pas à la carrière, à la réputation, aux honneurs, comme à l'inverse frent tant d'autres, mail il embrassa la croix en témoignant publiquement de la foi dans le Saint-Sacrifce de la Messe. La troisième fois, à l'automne 1977, lorsqu'il fut congédié par Mgr Lefebvre et par leséminaire d'Écône. Cette fois, la croix embrassée le portait à rendre public le témoignage en faveur de la foi dans l'Églisse et dans la Papauté, en élaborant la thèse théologique dite par la suite de Cassiciacum, du nom des cahiers qui la publièrent pour la première fois. En 1979, la Lettre aux Amis et Bienfaiteurs n° 16 publia une lettre de Mgr Lefebvre à Jean-Paul II, dans laquelle l'évêque d'Écône proposait un accord honteux ; la réponse publique du Père Guérard des Lauriers, Monseigneur, nous ne voulons pas de cette paix, consuma la douloureuse fracture entre les deux. La quatrième fois, en 1981, quand il accepta l'épiscopat - plus une charge qu'un honneur - pour que puissent continuer le sacerdoce catholique et l'Oblation pure. Les jeunes prêtres qui l'avaient suivi jusqu'alors l'abandonnèrent, tandis que le frappaient les “censures canoniques” des modernistes qui énonçaient, pour une fois, une vérité : il ne peut y avoir de communion entre eux et nous. Ce fut ainsi que l'Institut rencontra Mgr Guérard des Lauriers, en 1986, lequel nous accueillit comme un père, et mit dans l'Institut ses ultimes espérances humaines. La dernière grande croix embrassée, le dernier renoncement, fut scellée par la mort, survenue à Cosne-sur-Loire le 27 février 1988. Malgré son âge avancé, Mgr Guérard des Lauriers ne regardait jamais le passé avec nostalgie, mais tournait son regard vers le futur, toujours jeune en Celui “qui réjouit ma jeunesse” . Il attendait avec impatience l'achat de la nouvelle maison de l'Institut (ce sera celle de Verrua) pour rejoindre les jeunes étudiants de théologie, et vivre avec nous, sans refuser, selon l'expression de saint Martin, le travail. Et en même temps, il était parfaitement prêt à tout quitter, et la vie même, si telle était la volonté du Seigneur.

Cher Monseigneur ! Comme nous voudrions vous avoir encore parmi nous, pouvoir avoir près de nous le Père que vous fûtes pour ceux qui vous connurent trop tard, et que vous auriez certainement été pour les jeunes qui suivent vos pas. Mais nous vous savons présent, guidés par la Foi qui a pour objet les choses qui ne se voient pas, et nous nous sentons unis à vous dans la communions des Saints. En attendant, par ce pieux hommage, nous rappelons aux catholiques votre fgure de religieux, de prêtre, de théologien et d'évêque catholique, oubliée par beaucoup, salie par d'autres, mais que nous, nous n'oublierons jamais.

Abbé Francesco Ricossa

14 janvier 2018

[Mgr Williamson - Initiative St Marcel] Importance de la Foi – II

SOURCE - Mgr Williamson - Initiative St Marcel - 13 janvier 2018

Dieu est toujours présent, quoiqu’il soit invisible.
La foi réelle en Lui rend le Ciel accessible.
Excellence, 
A la suite d’une conversation avec un prêtre bénéficiant de l’Indult (prêtre obéissant aux responsables de l’Église officielle, mais autorisé à dire la vraie messe) je me trouve quelque peu troublé quant à la position prise par Mgr Lefebvre pour défendre la Foi. J’avais toujours pensé qu’il avait raison mais voilà, maintenant je n’en suis plus si sûr. Voici quelques-uns des arguments avancés par ce prêtre :
  1. Mgr Lefebvre a désobéi à Rome. Cela prouve qu’il était orgueilleux.
  2. S’il avait abandonné la Fraternité et ses séminaires pour obéir à Rome, il aurait été héroïque.
  3. S’il a désobéi à Rome pour sauver la Tradition, il a fait le mal afin d’obtenir un bien, ce qui n’est pas permis.
  4. Obéir à un pape aussi mal orienté que le pape François est un martyre par lequel on imite le Christ.
  5. Spirituellement parlant, se jeter dans la gueule du lion romain comme le fait Mgr Fellay, est héroïque.
Cher Monsieur,

En temps normal, l’Église catholique donne aux fidèles des directives claires quant à ce qui est vrai ou faux, bon ou mauvais. Cela préserve les âmes d’être dans la confusion. Mais depuis le Concile Vatican II (1962–1965), nous ne sommes plus dans une époque normale. La raison en est que les autorités romaines ont abandonné la vraie religion catholique pour adopter une autre religion, fausse et artificielle, que nous pouvons appeler la religion conciliaire. Si bien que, depuis les années soixante, les catholiques sont désorientés du haut en bas de la hiérarchie de l’Église : ils veulent aller simultanément dans deux directions différentes. Par exemple, votre prêtre, bénéficiant de l’indult, dit la Messe de la vraie religion, mais en même temps, il veut obéir aux autorités romaines imbues de la fausse religion . Rien d’étonnant à ce vous soyez désorienté en l’écoutant. Vous serez troublé tant que vous n’aurez pas parfaitement compris la différence entre la vraie religion révélée par Dieu et la religion conciliaire faite de main d’homme. Peut-être Dieu vous appelle-t-Il à réfléchir davantage sur ce sujet ?

Nous sommes catholiques par la Foi à laquelle nous croyons, par les sacrements que nous recevons et par la hiérarchie à laquelle nous obéissons. Mais avant tout, nous sommes catholiques par la Foi. Sans elle, nous ne nous poserions aucune question à propos des sacrements ou de la hiérarchie. En conséquence, pour un catholique, c’est la foi qui est fondamentale. Or, les autorités romaines ont abandonné la foi lors de Vatican II. Ils ont voulu se déconnecter de la longueur d’onde de Dieu pour se brancher sur la longueur d’onde de l’homme moderne. C’est en quoi la religion conciliaire contredit fondamentalement le catholicisme. Elle adopte un point de vue totalement différent à partir duquel elle redéfinit l’orgueil, l’héroïsme, l’obéissance, etc. Le point de vue catholique est vrai, le point de vue conciliaire est faux. Passons maintenant aux arguments du prêtre utilisant l’Indult :
  1. Mgr Lefebvre n’était pas orgueilleux : il défendait la vérité divine et plaçait Dieu avant l’homme. Au contraire, les hérétiques comme Luther et les conciliaires sont orgueilleux parce qu’ils somment Dieu de plaire aux hommes.
  2. Il a été héroïque, en ne pas cédant à Rome, et en résistant à Rome, afin de réserver toujours à Dieu la première place.
  3. En faisant ce qu’il a fait pour sauver la Tradition, il a fait le bien et non le mal, car il posait des actes bons pour réaliser le bien.
  4. Le martyre catholique ne consiste pas à souffrir le mal et la mort pour n’importe quelle cause, mais uniquement pour la vraie Foi. Mgr Lefebvre a souffert un vrai martyre, en ne pas cédant aux papes qui étaient tombés dans l’erreur, et en faisant tout ce qui était en son pouvoir pour leur faire comprendre qu’ils abandonnaient la vraie Foi.
  5. Au contraire, les successeurs de Mgr Lefebvre, depuis l’an 2000 au moins, font tout ce qu’ils peuvent pour placer la Fraternité Saint Pie X sous le contrôle des autorités conciliaires. Leurs efforts n’ont rien d’héroïque car ils visent à faire passer l’homme avant Dieu. Ils ne sont ni martyrs, ni de vrais imitateurs du Christ ; en revanche ce sont de vrais orgueilleux.

J’espère, cher Monsieur, que vous comprenez maintenant l’importance de tout juger dans l’Église à la lumière de la Vérité et de la Foi. Car la relation d’un homme avec Dieu consiste fondamentalement en sa foi ou son absence de foi. S’il le veut, un homme peut choisir l’Enfer. Mais s’il veut accéder au Ciel du seul vrai Dieu, alors il doit commencer par croire en Lui, selon la vraie Foi.

Kyrie eleison.

13 janvier 2018

[Abbé Beauvais, fsspx - L'Acampado] Heureux les cœurs purs, heureux les doux

SOURCE - Abbé Beauvais, fsspx - L'Acampado - janvier 2018

Nous n’avons pas que des mots pour livrer nos pensées, et nous n’avons pas que notre raison qui s’en empare pour en discuter. Il y a des raisons de croire. Nous les connaissons, nous les avons étu diées, je l’espère. Nous pouvons ergoter, discuter, raisonner, peser inlassablement.

Discuter la lumière qui vient quand on a déjà jugé qu’on l’atten dait et que l’on se devait de la recevoir, ce serait piétiner. Que peut faire notre raison ? Attendre Dieu, avoir le pressentiment qu’il existe, en avoir le désir, avoir le souci d’une âme loyale, désireuse d’obéir en toute humilité. Elle doit ensuite laisser parler le cœur qui lui aussi doit avoir ses raisons. Et c’est tout à fait conforme à la nature humaine, car la volonté doit suivre l’intelligence. La foi n’est évidemment pas une question de sentiments, nous ne sommes pas des amateurs d’émotions, ni des chercheurs de fusions du style charismatique. Mais ce n’est pas de sentimentalité dont il s’agit, ni d’émotion à fleur d’âme. Il s’agit de notre cœur, de notre volonté et c’est tout autre chose. on peut très bien être amoureux de logique et ne pas refuser de prendre conseil du cœur, Notre vieux saint Thomas, le plus raisonnable des saints a écrit : « Nous croyons parce que nous voulons croire ; car si Dieu, Seul, donne la foi, Il ne la refuse pas à ceux qui la veulent de toute leur sincérité ». Pascal, qui n’a jamais versé, j’imagine, dans les mièvreries senti mentales en convient : « le cœur a ses raisons que la raison ne connaît pas ». « Nous connaissons la vérité non seulement par la raison mais par le cœur. C’est le cœur qui sent Dieu, non la raison ». Notre vraie vie, est-ce dans notre raison seule qu’elle a trouvé refuge ? N’est-ce pas plutôt dans notre cœur qu’elle se déroule ? Notre vie estelle dans notre pensée ? N’est-elle pas recueillie aux cieux de notre âme, là-même où notre cœur mêle nos idées à notre sang ? La vie est unité et c’est l’amour qui en fait l’unité.

La vérité est bien peu de chose, si la volonté se refuse à la recevoir. Par l’esprit, la vérité ne peut que nous effleurer ; par le cœur, elle nous possède.

La vérité ne peut être une petite lumière à la cime de l’esprit ; elle doit descendre jusqu’au secret du cœur. C’est là qu’il lui faut allumer sa lampe. Et c’est peut-être cela précisément, que nous craignons. s’il en est tant, parmi les hommes, qui refusent d’ouvrir leur cœur, n’est-ce pas peut-être parce qu’ils redoutent certaines découvertes ? Nous redoutons souvent de faire le plein jour dans notre âme, notre pauvre cœur est si souvent encombré. Et même, est-il encore à nous ? Le possédons-nous vraiment ? Ne faudrait-il pas commencer peut-être par le reconquérir ? La question n’est pas inopportune. Pauvres cœurs, tant de choses s’en emparent, à leur insu ; tant de choses l’ont volé. Qu’en reste-t-il ? Les chemins qu’ils ont suivis étaient bordés de ronces et d’épines, ils y ont laissé un lambeau d’âme, un peu de cœur.

Des visiteurs indésirables ont occupé ces cœurs. Ils y ont pris toute la place, plus rien n’y peut entrer, pas même un rayon de lumière. Ces visiteurs indésirables ont des visages connus : le visage des vieux péchés, le visage de nos vices. L’orgueil a fermé notre cœur à tout sentiment qui eût été don de soi, qui eût été une offrande : à la pitié, à la compassion, à la bonté ; l’avarice, cette passion froide a desséché puis durci le cœur; la mollesse l’a anémié ; l’impureté -péché triste par excellence- a noyé le cœur dans la chair. Alors que reste-t-il de ce cœur ? Certes, les difficultés de croire ne viennent pas toujours des encombrements du cœur, et pour les incroyants qui refusent de marcher vers Dieu, ce n’est pas toujours parce qu’ils sont la proie de passions coupables. Mais il faut ici signaler simplement un grand danger, et il existe pour chacun de nous. Notre vie est un filet d’eau claire qui coule dans un lit de boue. Il ne faut pas en agiter le fond si nous voulons la garder pure. Il y a en nous des feux qui ne s’éteignent jamais; s’ils couvent pour l’instant, gardons-nous bien de souffler sur les cendres et de ré- veiller la flamme. Est-ce un danger illusoire ?

Si nous n’en avons point fait l’expérience, croyons-en l’aveu de ceux qui l’ont faite. Croyons-en, par exemple, saint Augustin qui le confesse humblement : «Quand j’étais dans le péché - et l’on sait quel péché -, il montait de la boue des passions, des vapeurs qui faisaient nuage devant mon cœur et l’empêchaient de voir ». La lumière ne manquait pas : Dieu qui l’appelait, la lui versait à profu sion, mais son cœur aveuglé n’en pouvait rien recevoir. Et, songeant à la simplicité des enfants dont la pureté lave les yeux, songeant aux solitaires du désert crucifiant leur chair dans le jeûne et la pauvreté, il rougissait de lui-même. «Ah, que faisons-nous ? » s’écriait-il. « Les ignorants ravissent le ciel, et nous, avec tout notre esprit et notre cœur malade, nous nous roulons misérablement dans la chair et dans le sang. » Voyez, c’est l’évidence même. Personne ne peut y contredire. Notre âme n’est pas une boîte à outils dans laquelle nous trouverions une intelligence pour comprendre la vérité et une volonté pour aimer le bien. Intelligence et volonté, esprit et cœur ne sont que deux facultés d’une âme ; et c’est la même âme qui voit, la même âme qui sent. Le cœur, sans doute, a tout à gagner à se laisser conduire par un esprit droit, mais l’intelligence aussi ne perd rien à la santé du cœur. un cœur alourdi enchaîne et enténèbre l’esprit.

Alors, pour aller vers Dieu, pour ne pas Le manquer quand Il se montrera, il nous faut reconquérir notre cœur. Délivrons-le de ces hôtes encombrants que l’on nomme: l’orgueil qui nous aveugle, l’envie qui nous aigrit, la sensualité fumeuse qui nous étouffe. Purifions notre âme. La pureté nous allège, c’est la santé du cœur, Elle nous met en appétit de beauté ; elle nous met en état de sensibilité droite et délicate qui ne vibre qu’aux mouvements de l’amour authentique. Elle est une merveilleuse disponibilité pour la grandeur. Qu’est-ce que la vérité attend aussi de vous ? Votre cœur, votre cœur pur. Il nous faut pour la recevoir, cette vérité, une faculté d’émerveillement, un certain appétit d’innocence, un esprit libre. or, c’est la pureté qui libère l’esprit et rend à ceux qui l’auraient perdu, le goût de l’innocence. Notre Maître Jésus-Christ l’a dit dans l’Évangile et l’expérience même y consent : ce sont les purs qui voient.

Sur les routes de notre existence, sur ces routes qui vont vers Dieu, à chaque pas, nous devons faire effort. Les vertus dont il nous faut appeler le secours semblent devoir être exclusivement des vertus de conquête. Notre Maître Jésus-Christ Lui-même, quand il prêchait le royaume des cieux et invitait les âmes à y entrer, le proposait comme une conquête difficile. Il le comparait à une cité, à une place forte qu’il faut prendre d’assaut : on ne pourrait y entrer que de haute lutte. Il a même prononcé le mot : il faut être violent. « Le royaume des deux souffre violence, seuls les violents peuvent le conquérir.» Alors qu’en est-il de la douceur ? N’est-elle pas en opposition flagrante avec cet état d’âme que recommandait Notre seigneur ? Non, car la douceur dont parle Notre seigneur est la douceur des forts, Ce n’est pas une mollesse. Elle ne désigne pas l’apathie d’une âme que rien n’éveille, qui jamais ne prendrait le parti de glisser dans la colère ou de s’exalter dans l’enthousiasme. Les vertus sont les forces des vivants, et la douceur en est une, et elle est souveraine. Et quel est l’état d’âme qui s’oppose le plus à la douceur ? Est-ce la dureté de cœur ? Est-ce l’âpreté du caractère ? Est-ce l’orgueil de l’esprit qui glace le cœur et en étouffe jusqu’à une certaine tendresse ? Est-ce l’avarice qui rend sourd à toute misère et interdit, comme une faiblesse, l’indulgence et la compas sion ? C’est peut-être un peu tout cela. Et c’est surtout l’aigreur, la triste aigreur qui dénigre. C’est un sentiment que nous connaissons ; nous le connaissons chez les autres ; il nous fait mal pour eux et pour nous. Nous le connaissons aussi en nous. Celui qui en est atteint a tout en dégoût et rien ne le satisfait pleinement. Ni les choses, ni les hommes ne ré- pondent à ce qu’il attend d’eux. Il croît même vivre au sein d’une conspiration générale. C’est le mécon - tentement perpétuel et universel. Ainsi nous avons peutêtre été blessés par le prochain, nous en avons du ressentiment. La rancune s’accumule ; elle tient ouverte et toujours plus vive la blessure qui nous fût faite, et nous remâchons notre tristesse. ou bien, si nous ne trouvons rien de répréhensible dans les façons d’agir à notre égard, nous nous forgeons des raisons d’en vouloir au prochain. Après avoir congédié l’indulgence, la charité, la bienveillance, nous en voulons au prochain de n’être point parfait. Mais nous devons le reconnaître, très souvent ces griefs s’évanouiraient si, au lieu de comparer le prochain à l’idéal qu’il ne réalise pas, nous le comparions simplement à nous-mêmes. Car nous-mêmes, sommes-nous parfaits ? Avons-nous vraiment le droit d’être mécontents des autres quand nous songeons à ce que nous sommes?

Et nous y songeons d’ailleurs parfois, et cette pensée est peut-être la plus grande source d’aigreur. Nous avons de bonnes raisons de n’être pas fiers de nous ; ces raisons nous aveuglent, elles nous irritent. orgueil blessé, impuissance à nous attirer une louange que nous attendions par exemple, échec devant une œuvre qui nous aurait mis en un relief favorable, et que sais-je encore ? ... Nous ne nous acceptons point, ou plutôt, nous ne nous renonçons pas assez, nous n’avons pas l’esprit surnaturel suffisant pour comprendre ce que Dieu attend de nous à travers une épreuve, un échec, un froissement ou un amour-propre blessé.

Et au lieu de nous raisonner, de nous gourmander, nous rendons les autres responsables de notre état d’âme jusqu’à le leur faire expier, un peu comme l’enfant qui se venge sur une pierre qui l’a fait trébucher. Ne nous laissons pas envahir par de tels sentiments qui excluent toute joie, toute confiance et tout enthousiasme, qui nous conduisent même à écarter ce qui nous guérirait et à décou rager ceux qui voudraient nous sauver. Alors, soupçonneux, on ne voit partout que des intentions intéressées ou perverses, passant tout au vitriol, ne desserrant les dents que pour critiquer jusqu’à l’obsession. Essayez d’être simples avec de tels caractères ! ... Ils vous accuseront de raffiner votre duplicité.

Et si même vous essayez d’être affectueux, cette affection que vous leur offrez sera une raison nouvelle de se défier de vous. Votre douceur sera jugée énervante et votre bonté, crispante. Pour un peu, ils vous reprocheraient de ne pas faire tout le bien que vous pourriez leur faire. A la longue, on finit d’ailleurs par se lasser. L’aigreur rebute; elle décourage puis elle étouffe toute sympathie. A tout ce qui sollicite une âme, l’aigreur répond par une fin de non-recevoir ; elle interdit tout enthousiasme, elle refuse au cœur de faire don de lui-même.

On devine alors l’accueil qui sera réservé à Dieu s’il vient lui aussi à demander à être reçu. on Lui en voudra d’être ce qu’il est et de trop exiger des âmes qu’Il conquiert. Avec une complaisance secrète, on glanera dans les dogmes que l’on connaît mal, ce qu’ils ont d’obscur et de mystérieux. on ne voudra y voir qu’une synthèse d’antithèses, un ramassis de contradictions. Dans la pratique et la vie des fidèles, on relèvera des petitesses, des mesquineries, des fautes. on pourrait décrire longuement cette aigreur, mais c’est suffisant il me semble. L’aigreur est une bien déplorable conseillère. N’oublions pas qu’il y a dans l’Eglise un élément humain. Instituée par Dieu qui la guide, la soutient et la garde tout le long de son histoire, dût-elle être réduite à une peau de chagrin, l’Eglise fût cependant fondée pour les hommes, et elle leur fût confiée. Il y aura donc fatalement des lenteurs, des incompréhensions. ses membres qui n’ont pas tous le génie de saint Augustin ou le cœur de saint Vincent de Paul, auront des maladresses, parfois même de la misère. Pourquoi nous en étonner ? on ne devra jamais s’en faire complice, certes, il faudra même pour le bien des âmes, dénon cer parfois cette misère. Mais serait-elle autant notre Eglise, la réunion de pauvres cœurs d’hommes qui désirent plus de pureté, de vérité et de charité qu’ils n’en possèdent, si elle ne comptait comme membres que des saints ? Y serions-nous, nous autres, dans l’Eglise ? Aurions-nous la possibilité d’y entrer un jour, s’il fallait être sans péché et sans faiblesse ? Notre seigneur JésusChrist en nous invi tant à Le suivre, nous a prédit le scandale. Mais n’y a-t-il que du scandale dans l’Eglise ? N’a-t-elle rien fait dans le monde depuis 2000 ans ? Ce serait une injustice de penser ainsi, mais ce serait une bien grande lâcheté aussi que de se voiler la face sur l’état que nous offre l’Eglise aujourd’hui. En vous parlant de cette douceur, je voudrais simplement suggérer que pour juger ce qui s’offre à nous, il faut savoir imposer silence au ressentiment, écarter le mépris et tarir toute sorte de fiel. C’est le signe de la vraie grandeur.

Même à l’égard de ceux qui nous ont blessés, la douceur est grande, puisqu’elle s’élève jusqu’à la sérénité, elle est grande puisqu’elle pardonne.

« Les forts sont doux », disait Lyautey. Ils se possèdent ; ils tiennent une âme dans une région inaccessible aux misères humaines. Ils sont les conquérants de la Terre parce qu’ils accueillent toute chose dans un cœur bienveillant. Rien ne les désarme, pas même l’inimitié ; leur douceur use les aspérités qui les auraient meurtris. Ils sont aussi les conquérants du ciel parce qu’ils ont une âme capable d’en comprendre toute la bonté.

Heureux les cœurs purs,

Heureux les doux, ils sont les conquérants du Ciel

Heureux sont-ils car ils verront Dieu.

[FSSPX Actualités] La messe traditionnelle en braille

SOURCE - FSSPX Actualités - 13 janvier 2017

Le projet d’éditer l’ordinaire de la messe dans le rit dit de saint Pie V en braille à l’intention des fidèles non-voyants est porté par la Latin Mass Society. Il doit voir le jour à la fin du mois de janvier.

« Savez-vous que le 4 janvier est consacrée comme la journée mondiale du braille ? Cette journée souligne l’apport inégalé de Louis Braille - dont c’est l’anniversaire de naissance - pour permettre aux non-voyants d’accéder à la lecture et à l’écriture ».

C’est par ces mots postés sur son compte Facebook que The Latin Mass Society (LMS) introduit l’annonce de l’impression de l’ordinaire de la messe traditionnelle en braille, « une ressource unique bientôt disponible », rajoute l’éditeur.

Joseph Shaw, le directeur de LMS précise que cette idée vient de « nombreuses demandes » faites en ce sens. Il explique de plus qu’un second ouvrage en braille viendra par la suite compléter le premier : le canon de la messe suivi d’autres textes liturgiques importants, plus particulièrement destiné aux prêtres non-voyants.