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Actualité(s) du Traditionalisme Catholique

6 décembre 2016

[Paix Liturgique] Pour ses 10 ans, le peuple Summorum Pontifium a rendez-vous à Rome

SOURCE - Paix Liturgique - lettre N°572 - 6 décembre 2016

L’abbé Claude Barthe l’avait annoncé en clôture du dernier pèlerinage international Populus Summorum Pontificum à Rome : la prochaine édition se tiendra exceptionnellement du 14 au 17 septembre 2017, et non comme il était de coutume fin octobre, au moment de la fête du Christ-Roi. L’explication tient à ce que la Commission pontificale Ecclesia Dei (PCED) souhaitait que la date anniversaire de l’entrée en vigueur du motu proprio de Benoît XVI, le 14 septembre 2007, soit célébrée de façon solennelle. De fait, le jeudi 14 septembre 2017, l’Amicizia sacerdotale Summorum Pontificum du Père Vincenzo Nuara, dominicain et officiel de la Commission Ecclesia Dei, organisera en collaboration avec l’association Giovani e Tradizione un congrès théologique et liturgique à l’Université pontificale Angelicum sur les 10 ans du motu proprio. Les organisateurs du pèlerinage ont très volontiers répondu à l’invitation de s’associer à cet anniversaire en donnant rendez-vous à Rome aux pèlerins, du jeudi 14 au dimanche 17 septembre 2017. Voici leur communiqué officiel, suivi du message adressé par Mgr Pozzo aux instituts et communautés Ecclesia Dei ainsi qu’aux groupes stables de fidèles pour les encourager à participer à ce double événement. Et, pour conclure, les réflexions que nous inspire cette heureuse initiative.

I – COMMUNIQUÉ DE PRESSE DES ORGANISATEURS (1)

Rome, 27 novembre 2016
Ier dimanche de l’Avent

« Puisse la messe traditionnelle fleurir dans l’Église ! »

Cette exhortation, formulée par Mgr Sample, archevêque de Portland, en conclusion du dernier pèlerinage international Populus Summorum Pontificum à Rome (27-30 octobre 2016), trouvera sa meilleure illustration l’an prochain, le 14 septembre 2017, lorsque le peuple Summorum Pontificum se retrouvera ad Petri Sedempour fêter le dixième anniversaire de l’entrée en vigueur du motu proprio de Benoît XVI.

L’anniversaire de l’application du texte par lequel Benoît XVI a libéré le missel de saint Jean XXIII des interdits qui pesaient sur lui est en effet aussi celui de tous les prêtres, religieux et fidèles qui, depuis, ont nourri, enrichi et renouvelé leur foi à l’aune de ce qu’il est convenu d’appeler désormais la « forme extraordinaire du rite romain ».

C’est pourquoi, après consultation de la Commission pontificale Ecclesia Dei, le Cœtus Internationalis Summorum Pontificum a exceptionnellement décidé d’avancer les dates de son pèlerinage 2017 : celui-ci s’ouvrira le jeudi 14 et se terminera le dimanche 17 septembre 2017.

Le pèlerinage commencera, jeudi 14 septembre 2017, par le Vème congrès Summorum Pontificum qu’organiseront l’association Giovani e Tradizione et l’Amicizia Sacerdotale Summorum Pontificum. Il se poursuivra les 15, 16 et 17 septembre et, comme chaque année depuis sa fondation en 2012, trouvera son point d’orgue lors de la procession solennelle qui parcourra les rues de Rome pour conduire les pèlerins en la basilique Saint-Pierre le samedi 16 septembre 2017 où sera célébrée une messe pontificale.
AMICIZIA SACERDOTALE SUMMORUM PONTIFICUM

II – MESSAGE DE SON EXCELLENCE MGR GUIDO POZZO
Secrétaire de la Commission pontificale Ecclesia Dei

Le congrès organisé par les associations Giovani e Tradizione et Amicizia Sacerdotale Summorum Pontificum – qui sera l’an prochain associé au pèlerinage du Cœtus Internationalis Summorum Pontificum à l’occasion du dixième anniversaire de l’entrée en vigueur du motu proprio Summorum Pontificum de Benoît XVI – est une occasion de valoriser le texte pontifical qui a redonné vie aux trésors liturgiques et spirituels du rite romain dans son Usus antiquior.

Comme l’a déclaré Benoît XVI, aussi bien la forma ordinaria que la forma extraordinaria du rite romain constituent l’expression de la lex orandi de l’Église. Celles-ci ne causent aucune division de la lex credendi pas plus qu’elles ne s’opposent l’une à l’autre. « L’histoire de la liturgie est faite de croissance et de progrès, jamais de rupture. Ce qui était sacré pour les générations précédentes reste grand et sacré pour nous, et ne peut à l’improviste se retrouver totalement interdit, voire considéré comme néfaste. » (Lettre du Pape aux évêques sur l’usage de la liturgie romaine antérieure à la réforme de 1970)

Il convient de répéter avec force que la restauration de l’ancienne liturgie romaine ne représente pas un pas en retour en arrière mais participe de l’avenir de l’Église qui ne peut jamais se renier ni effacer de sa mémoire sa richesse spirituelle et doctrinale. Je suis certain que la liturgie romaine traditionnelle connaîtra, dans l’Église comme dans la société, un nouvel essor et une nouvelle splendeur.

J’invite donc tous les membres des instituts Ecclesia Dei, les associations et les groupes stables de fidèles qui promeuvent Summorum Pontificum à participer nombreux à cet anniversaire, qui se tiendra à Rome, du 14 au 17 septembre 2017.

Rome, 30 novembre 2017
Fête de saint André, apôtre

III – LES RÉFLEXIONS DE PAIX LITURGIQUE

1) « Imagine-t-on un conducteur de car s’asseoir face aux passagers ? » C’est lors du troisième colloque Summorum Pontificum organisé par le père Nuara, que cette image très parlante avait été utilisée par le cardinal Koch. Le Président du Conseil pour la Promotion de l’Unité des chrétiens entendait ainsi souligner le caractère authentiquement « œcuménique » de la célébration tournée vers le Seigneur, qui distingue la forme extraordinaire de la forme ordinaire et permet d’établir ainsi un pont vers la liturgie orientale comme vers les cultes des autres grandes religions. C’est aussi à l’occasion du deuxième colloque Summorum Pontificum, le 18 octobre 2009, que la messe traditionnelle a solennellement fait son retour en la basilique Saint-Pierre de Rome, célébrée dans la chapelle du Saint-Sacrement, par Mgr Raymond Leo Burke, alors Préfet du Tribunal de la Signature apostolique. Lors du troisième colloque, le dimanche 15 mai 2011, elle fut célébrée par le cardinal Brandmüller à l’autel de la Chaire, où elle est désormais célébrée pour chaque pèlerinage Populus Summorum Pontificum.

2) C’est l’un des traits distinctifs de ce pèlerinage que de normaliser, banaliser et populariser la célébration de la liturgie traditionnelle au cœur de l’Église, auprès du Tombeau de Pierre. « J’ai accepté pour faire comprendre que l’usage du Missel de 1962 est normal. » Voici comment le cardinal Antonio Cañizares Llovera, alors Préfet du Culte divin, expliquait le fait qu’il célébrait la forme extraordinaire du rite romain en la basilique Saint-Pierre, le samedi 3 novembre 2012, pour la première édition du pèlerinage international du peuple Summorum Pontificum. Tous les pèlerins qui ont eu, depuis 5 ans, le privilège et la grâce de voir les portes de la basilique vaticane s’ouvrir en grand pour laisser passer la procession du pèlerinage, savent combien cette manifestation pacifique et priante est importante pour la vie des prêtres, religieux et fidèles attachés au missel traditionnel. Il est donc heureux que le pèlerinage puisse se tenir au moment même où nos prières s’élèveront vers le Ciel mais aussi vers le coin de la colline du Vatican où s’est retiré Benoît XVI, pour rendre grâces du don que représente le motu proprio Summorum Pontificum. L’événement mérite de la part de tous un effort particulier.
3) On aura remarqué que Mgr Guido Pozzo, à la manière du cardinal Robert Sarah, s’engage avec force, dans sa lettre d’invitation, en faveur de la valeur herméneutique décisive du motu proprio Summorum Pontificum qui déclare l'ancienne liturgie « jamais abrogée ». Certes, Mgr Bugnini, l'auteur de la réforme liturgique, avait jadis fait valoir, dans le sens de l’interdiction du missel ancien, les termes mêmes de la constitution Missale Romanum de Paul VI et la réponse donnée par la Congrégation du Culte divin le 17 octobre 1973 à une demande précise faite à ce sujet par le Secrétaire du Conseil des Conférences épiscopales d'Europe. Mais Benoît XVI, par son motu proprio et plus encore par sa lettre aux évêques, est intervenu souverainement dans le sens de la non-abrogation du missel ancien, estimant que ce qui était sacré pour les générations précédentes, ne pouvait pas être interdit. S'il vaut pour la lex orandi, ce principe d’interprétation – qui est tout simplement le principe de continuité – doit valoir aussi pour la lex credendi : le cardinal Burke, dans l’entretien servant de préface à l’édition français de son livre La Sainte Eucharistie, Sacrement de l'Amour divin (Via Romana, 2016), ne considère-t-il pas le motu proprio comme une clé herméneutique pour le Concile tout entier ? Cela semble aussi la position de Mgr Pozzo lorsqu'il souligne que la restauration de l’ancienne liturgie romaine « participe de l’avenir de l’Église qui ne peut jamais se renier ni effacer de sa mémoire sa richesse spirituelle et doctrinale ».
  
4) « J’invite donc tous les membres des instituts Ecclesia Dei, les associations et les groupes stables de fidèles qui promeuvent Summorum Pontificum à participer nombreux à cet anniversaire, qui se tiendra à Rome, du 14 au 17 septembre 2017. » Par ces mots, Mgr Pozzo illustre parfaitement la complémentarité qui s’est établie depuis 2007 entre les instituts et communautés Ecclesia Dei et les cœtus fidelium nés du motu proprio de Benoît XVI pour demander la célébration de la forme extraordinaire non plus à l’échelon diocésain mais paroissial. Et ainsi arrive-t-on au troisième acteur indispensable de l’essor du motu proprio : le clergé diocésain qui a répondu positivement, souvent avec enthousiasme, parfois par obéissance ou curiosité, mais toujours avec courage, à l’invitation de Benoît XVI d’offrir les trésors liturgiques du passé à leurs brebis pour établir, enfin, la paix liturgique dans nos paroisses et en permettre, ainsi, le renouveau.
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(1) Contact pour les pèlerins francophones : fr.sumpont@gmail.com

[Jacques de Guillebon - La Nef] Reconstitution de ligue dissoute

SOURCE - Jacques de Guillebon - La Nef - décembre 2016

A l’heure où nous écrivons ces lignes, il n’y a encore eu qu’un tour de primaires. Mais le score faramineux de François Fillon laisse augurer d’une victoire décisive, et étonnante. Qu’un homme donné à 8 % il n’y a pas si longtemps écrase ainsi en deux semaines tous ses concurrents dans un effet de maelstrom invincible laisse songeur, surtout si l’on en juge à ses soutiens. Les camarades de Sens Commun auront d’un point de vue tactique superbement joué, et l’on peut leur tirer son chapeau quand bien l’on ne partage pas une partie de leurs convictions. Certains se réjouissent, et c’est bien leur droit, et ils auraient tort de s’en priver, de la démonstration de force qu’a réalisée cette droite catholique et libérale. Cette droite dont on ne peut douter de la sincérité, droite des entrepreneurs qui n’en peuvent plus des charges qui les écrasent, droite conservatrice qui n’en peut plus des « révolutions sociétales » de la gauche Hollande.

Pourtant, pour notre part, nous ne croyons pas que ce soit une bonne nouvelle. Fors en politique étrangère, où son discours de non-alignement et d’alliance avec la Russie est parfaitement légitime, faisant d’ailleurs oublier à peu de frais qu’il fut en tant que Premier ministre de Nicolas Sarkozy partie prenante dans l’instauration du chaos libyen, le programme de François Fillon, dont on ne peut guère douter qu’il soit président de la République en mai prochain, a tous les caractères d’une reconstitution de ligue dissoute, soit celle de la France de Giscard. La France des écoles de commerce, modérément mondialisée, qui peut travailler deux ans à Londres ou à Shanghaï et retrouver la demeure familiale du Pays Basque ou de la côte bretonne le temps des vacances ; la France des appartements du XVIe, où il n’y a plus de bonne bourguignonne mais une nounou philippine ; la France conservatrice qui a toujours préféré Louis-Philippe aux ultras, Thiers à Bonaparte, Pétain à de Gaulle, puis de Gaulle à Tixier ; bref, la droite des partis et des appareils, que l’aventure sans carte Gold ne tente pas.

Cette victoire de Fillon signe en réalité l’évaporation d’un rêve que l’on a appelé « droite hors les murs », de ce camp qui eût pu se constituer entre des Républicains dominateurs et un Front national étatiste. Cette victoire sonne la fin du cycle entamé avec les Manifs pour tous où d’innombrables et vigoureux jeunes gens crurent pouvoir renverser le monde. La fin d’une génération romantique que les plus madrés de ses leaders ont ramenée dans le giron de la raison politique qui est toujours froide. Ils disaient ne rien lâcher, et ils auront le mariage homosexuel, au mieux tempéré par l’adoption simple, mesure qu’un juge quelconque se fera fort d’invalider dès que possible. Ils voulaient dégager Hollande, et ils auront une politique d’austérité qui fera passer Mme Thatcher et Mme Merkel pour des disciples de Roosevelt. Ils voulaient l’école libre, ils auront la concurrence féroce et impitoyable des privilèges de naissance. Ils voulaient la France forte et grande, ils n’auront plus de services publics, seulement la soupe populaire en cas de pépin. Bref, ils ne voulaient plus de l’infâme bourgeoisie de gauche, ils auront la méprisante bourgeoisie de droite, qui leur intimera de travailler le dimanche parce que Dieu le veut, qui leur intimera de se juger sans cesse à l’aune de leur réussite économique parce que c’est le sens de la vie. Une bourgeoisie de ces catholiques zombis qui repoussera plus loin encore que ne l’a fait la gauche dans les marges extérieures, dans les périphéries innommables la France des attardés, des demeurés, des demi-campagnards dont les Kévin n’auront d’ailleurs jamais le premier sou pour se payer une prépa HEC, et ce sera bien fait pour eux.

L’ordre est de retour, et ce n’est pas forcément une bonne nouvelle. Car, contrairement à ce que suppute la gauche, cet ordre ne sera pas moral, il ne le peut pas parce qu’il ne peut servir deux maîtres et qu’il a choisi de longtemps le sien, avec la tronche de Marianne gravée dessus. Et les promoteurs de cet ordre, qui ont vendu pour un plat de lentille le million de manifestants anti-Taubira, devraient déjà redouter le jour où un peuple les collera à la lanterne. Mais même ce jour-ci, ils ne comprendront pas les raisons de la colère. Heureux sont-ils, heureuses les bonnes consciences.

3 décembre 2016

[Mgr Williamson - Initiative St Marcel] Miracles dans le NOM ?

SOURCE - Mgr Williamson - Initiative St Marcel - 3 décembre 2016

O Tradis, ne soyez pas trop étroits d’esprit –
Dans la Néo-église il y a de bons fruits.
          
Aux États-Unis l’année dernière surgit une grande controverse : Dieu peut-il faire des miracles eucharistiques dans la Nouvelle Messe (NOM) ? Certes, si Dieu fait des miracles surnaturels, de toute évidence c’est pour qu’on y croie, afin qu’ils fortifient la foi surnaturelle des gens. Et s’il veut qu’on croie en une interruption de l’ordre naturel des choses, évidemment il fournira assez d’évidence, comme lorsque Lazare est sorti vivant de sa tombe devant une grande foule. Et l’évidence la plus convaincante à cet égard, c’est l’évidence physique et matérielle qui n’a pu d’aucune façon être le produit d’un esprit humain pour pieux qu’il soit, comme les feux d’artifice du soleil à Fatima en octobre, 1917. Dès lors quelle évidence physique et matérielle y a-t-il eu d’un miracle eucharistique dans la Nouvelle Messe ?

On affirme qu’un tel miracle a eu lieu dans l’église paroissiale de Sokulka en Pologne de l’Est. Le 12 octobre, 2008, un prêtre, ordonné il y a cinq ans par un évêque polonais consacré en 1980, en distribuant la Communion a laissé tomber une Hostie consacrée au pied de l’autel. Il s’est arrêté pour la ramasser, et il l’a placée dans un petit récipient d’eau à côté du Tabernacle. Après la Messe elle a été enfermée dans le coffre-fort de la sacristie pour qu’elle se dissolve dans l’eau, afin que la Présence Réelle n’y étant plus on pût jeter tranquillement l’eau. Cette procédure est tout à fait normale dans le cas d’accidents semblables dans la liturgie catholique.

Mais quand le 19 octobre une Sœur de la paroisse est allée contrôler la dissolution de l’Hostie, elle a vu au centre comme un caillot de sang, d’un rouge intense. Elle a informé tout de suite le doyen de la paroisse qui est venu avec d’autres prêtres pour observer ce qui semblait en effet être de la chair vivante. Ils o nt tous été stupéfaits. Ensuite c’est l’Archevêque de Bialystok qui est venu avec plusieurs officiels du diocèse et tous ont été profondément émus. Le 30 octobre, suivant les instructions de l’Archevêque, on a sorti l’Hostie de l’eau, on l’a mise sur un petit corporal et placée dans le Tabernacle pour la dessécher. Jusqu’à ce jour elle garde la forme d’un caillot de sang.

Le 7 janvier, 2009, un échantillon de l’Hostie a été enlevé pour être examiné, séparément, par deux pathomorphologistes de l’Université Médicale de Bialystok à côté. Leur jugement, indépendant l’un de l’autre mais unanime, a été que « de tous les tissus d’organismes vivants, l’échantillon ressemble le plus au myocarde humain », venant du ventricule gauche du cœur, typique d’une personne vivante en état d’agonie. De plus les deux pathologistes ont observé, sans doute sous leurs microscopes, que les fibres du myocarde et la structure du pain étaient si étroitement liés entre eux que toute possibilité d’une fabrication humaine était exclue. Le 29 janvier cette évidence matérielle et physique a été présentée à la Curie Métropolitaine à Bialystok, où on attend patiemment le jugement officiel de l’Église quant à l’origine surnaturelle de l’événement. Décisifs à cet égard, a dit l’Archevêque dans un sermon d’octobre, 2009, seront les fruits spirituels parmi les fidèles. Déjà on a constaté une croissance importante de la piété et pratique religieuse des fidèles de la région, et des centaines de pèlerinages sont venus de l’étranger. Il y a eu aussi de nombreux miracles de conversion et de guérison.

Si cette évidence matérielle est digne de foi, il s’ensuivrait qu’à Sokulka le Bon Dieu a opéré encore un miracle eucharistique dans leur longue série à travers les siècles, pour aider les âmes à croire en une réalité normalement impossible à croire, à savoir qu’il est Réellement Présent sous les apparences du pain et du vin une fois consacrés. Mais comment cela est-il possible lorsque les Catholiques de la Tradition savent que la cause majeure de cette perte de foi qui est en train de détruire l’Église depuis Vatican II est bel et bien la Nouvelle Messe ? On pourrait répondre que le Sacré Cœur, sachant que ce sont les pasteurs qui ont été principalement responsables des ambiguïtés mortelles du NOM, n’a pas voulu abandonner ses brebis, et donc il continue de les paître avec tout ce qui est encore catholique parmi les ambiguïtés. De plus, parmi toute l’insouciance montrée envers la Sainte Eucharistie dans la Néo-église, l’événement de Sokulka est un rappel grave, aux brebis comme aux pasteurs : « Attention ! Celui que vous touchez dans la Messe – c’est moi, votre Dieu ! »

Kyrie eleison.

2 décembre 2016

[Roman Larvor - Le Télégramme] Les traditionalistes de retour à Quimper

SOURCE - Roman Larvor - Le Télégramme - 23 novembre 2016
Depuis le mois de septembre, un prêtre traditionaliste est autorisé à dire la messe en latin à l'église Saint-Mathieu de Quimper. Les fidèles sont quelques dizaines. Faut-il y voir une percée des opposants à la modernisation de l'église?
      
Depuis le 11 septembre, l'abbé Loïc Courtois, de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pierre (FSSP), assure, chaque dimanche matin, à 10 h 30, une messe traditionaliste à l'église Saint-Mathieu. L'abbé Courtois, qui réside à Lanmeur dans une maison appartenant à sa société cléricale, anime également une messe selon le même rituel, chaque dimanche à 18 h, à Saint-Pol-de-Léon.
      
« L'abbé Courtois était à Bordeaux, d'où vient aussi l'évêque Mgr Dognin, précise Yvon Gargam, chargé de la communication au diocèse. Ils se connaissaient donc. Il a été chargé d'une messe pour tout le Sud-Finistère. Il y avait ici une petite demande pour une messe traditionaliste. Une soixantaine de personnes y assiste chaque dimanche ». À noter qu'un autre prêtre assure également une messe, selon le même rite à Brest depuis quelques années. 
Issu du schisme de 1988
La FSSP a été créée en 1988. Il s'agit d'une scission de la Fraternité Saint Pie X fondée en 1970 par Marcel Lefebvre, dans un registre intégriste. Cet évêque fut excommunié en 1988 pour avoir nommé des évêques sans autorisation de Rome (*).  
      
Un groupe de prêtres qui n'avait pas accepté ce schisme a alors créé la FSSP, restée dans le giron de l'Église sous l'autorité du Pape. Ils ont néanmoins continué à suivre le rite antérieur à la réforme « moderniste » de 1969 issue du concile de Vatican 2. Il s'agit du rite, pur et dur, romain traditionnel, également appelé tridentin ou de Saint Pie V, défini au XVIe siècle.  
      
L'arrivée de prêtres traditionalistes est-elle une réponse à la faiblesse des ordinations dans l'Église actuelle ? On compte aujourd'hui moins de 100 ordinations à l'année en France (79 cette année). Or, malgré leur faible représentation, les traditionalistes fournissent 20 % de cet effectif. « Je ne crois pas qu'il y a une orientation vers les traditionalistes, estime Yvon Gargam. Rien ne permet de le dire ».
      
« Tant qu'ils restaient dans "l'opposition", ils ne présentaient pas grand risque. Mais ils sont en train de franchir le cordon sanitaire qui protégeait l'Église, estimait la revue catholique critique Golias, il y a quelques années. Même si dans un premier temps, ils paraissent ne réclamer que le droit de prier en latin, leur visée profonde est beaucoup plus radicale. Ils contestent l'Église dans ses choix conciliaires, ou tout au moins dans ce qu'il en reste. Bien évidemment, pour se faire accepter, ils ont encore le profil discret, mais ils restent des "reconquérants" qui veulent restaurer l'Église dans sa puissance dominatrice... ». 
     
Notons que la Fraternité Saint Pie X pourrait aussi être reconnue par le Pape prochainement.
      
(*) Dans le Finistère, il y a des communautés intégristes relevant de cette mouvance à Brest, Guipavas, Plouigneau, Morlaix et au Trévoux. 

[Elodie Soulié - Le Parisien] Paris : Sainte-Rita sera-t-elle finalement sauvée ?

SOURCE - Elodie Soulié - Le Parisien - 27 novembre 2016
Non, la messe n’est pas encore dite, et les défenseurs de l’église Sainte-Rita peuvent encore espérer conserver leur paroisse à l’histoire si heurtée. Autrefois familière et célèbre pour son accueil des animaux, ses bénédictions de motards et ses messes au souvenir de Michael Jackson, l’église de la rue François-Bonvin (XVe), dédiée aux « causes perdues », reste depuis plus de 3 ans au cœur d’un bras de fer à la fois juridique, religieux voire politique, aux épisodes parfois physiquement violents. Le dernier en date, l’évacuation manu militari de l’église, promise à la démolition pour laisser place à un programme immobilier, remonte au petit matin du 3 août. Malgré son entrée murée et ses accès barrés d’une palissade de tôle, Sainte-Rita était alors occupée depuis plusieurs semaines, et son culte « repris », par une poignée de catholiques plus proches de l’intégrisme que de son ancien culte gallican et notoirement ouvert à tous. Ce matin-là, l’exécution du jugement d’expulsion s’est fait dans le bruit et la fureur, forces de l’ordre et « fidèles » perdant leurs nerfs, entre coups de matraques, gaz lacrymogènes, religieux traînés au sol et élus malmenés malgré l’écharpe tricolore… le tout sous l’œil des caméras et de nombreux médias, alors que la France venait tout juste d’enterrer le Père Hamel, ce prêtre égorgé par des islamistes, en pleine messe, à Saint-Etienne-du-Rouvray (Seine-Maritime). « La justice permettait que cela se passe autrement, c’était inacceptable », s’en étrangle encore le député-maire du XVe, Philippe Goujon (LR). Trois élus ont d’ailleurs déposé plainte contre… le Préfet de police de Paris.
          
Passée l’émotion et la colère, le silence est depuis retombé sur Sainte-Rita, toujours barrée de sa palissade de tôle. Prête à la démolition. Peut-être. Ou pas… C’est en tout cas ce dont est convaincu l’élu, partisan de la sauvegarde « de cette église qui n’est pas certes pas la cathédrale Notre-Dame, mais qui fait partie de notre patrimoine, qui est un marqueur du quartier ». Venu faire un point sur le dossier avec les habitants, Philippe Goujon affirme être aujourd’hui « intermédiaire d’une solution de reprise, par un autre culte chrétien en recherche d’un lieu. Le diocèse n’est pas dans ce cas, mais il y a d’autres églises, comme les Chrétiens d’Orient, qui sont intéressés ». Une piste déjà plusieurs fois évoquée depuis 2 ans, mais jusqu’alors restée à l’état de piste… « Je suis en rapport avec le promoteur, qui a accepté de rencontrer les responsables de plusieurs cultes », assure aujourd’hui le maire. Reste un obstacle, et il est de taille : le prix qu’en demandera le promoteur nantais porteur du projet immobilier, s’il acceptait de « lâcher l’affaire ». « Les négociations sont en cours », consent seulement Philippe Goujon, qui se dit ouvertement « assez optimiste ». De quoi regonfler le moral des défenseurs de la sainte patronne des causes perdues, qui fera peut-être mentir l’histoire écrite.